2026.09.09 _ Triptyque (Difforme) / Nota Bene

« Il y a quelque temps, déjà, que je sais vouloir écrire un livre qui aurait pour objet d’étude l’absence des filles à elles-mêmes : un livre dans lequel le mot “fille” serait important puisqu’il y serait question de l’absence comme de quelque chose qui s’apprend, d’une condition à laquelle d’autres les initient. […] »

Dans cet essai incarné avec soin, Myriam Coté puise dans une multitude d’ouvrages littéraires et théoriques, ainsi que dans sa propre expérience intime, pour s’intéresser aux mères, aux sœurs et aux filles qui, faute d’alternative, parfois en viennent à se faire complices des violences sexistes. C’est avec un extraordinaire équilibre entre analyse, compassion et critique que l’autrice, engagée dans une pratique autothéorique hybride, explore l’héritage insidieux des traumatismes et la manière dont la culture du viol fragilise les relations mère-fille. Déterminé à dénoncer, mais conscient des risques de la prise de parole, Comment parler des filles que j’ai été se réclame des stratégies qui renvoient les voix des femmes à la marge pour composer avec la violence et tenter de la renverser.